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Je suis particulièrement intéressée par la question de l’évolution de l’enfant 

Je suis particulièrement intéressée par la question de l’évolution de l’enfant

Übersetzung und Adaption aus dem Arabischen: A. Hassani, a4k-Redaktion Arabisch

 

Im Vordergrund: H. Arnhold, Vorstandsvorsitzende des ANE und C. El Ouardi. Foto: P. Esser
Im Vordergrund: H. Arnhold, Vorstandsvorsitzende des ANE und C. El Ouardi. Foto: P. Esser

Mme El Ouardi de Dusseldorf, mère de trois jumeaux  est une des lectrices des Lettres aux parents qui a reçu le N° 50 millions en Rhénanie Nord Westphalie dans un entretien avec Heidemarie Arnhold de ANE   

Mme  Arnhold : Quel a été votre sentiment quand vous avez reçu le N° 50 millions de la Lettre aux parents  d’ANE et quand vous avez eu cette Lettre pour la première fois ?      

Mme El Ouardi : C’était quand j’ai pris mes trois jumeaux Janiss, Ben et Sami au bureau des citoyens  à Dusseldorf , il y a un an environ. On nous a présenté la Lettre aux parents d ‘ANE pour la première fois. J’ai  trouvé qu’elle était  très intéressante  et regorgeant d’informations importantes . J’ai trouvé, aussi, très utiles les annexes de cette Lettre ou s’expriment les parents. Du coup j’ai pris quelque 12 Numéros  précédents  et je dois avouer que le N° consacré à la question de l’évolution de l’enfant m’a impressionné.      

Mme  Arnhold : Que vos enfants soient de mère allemande et de père marocain, que doit signifier ce fait et  est ce qu’il constitue une particularité  ?     

Mme El Ouardi : Je suis  allemande et chrétienne et je me suis mariée avec un marocain musulman. Nous sommes réunis par les liens du mariage depuis 4 ans maintenant, soit depuis l’arrivée de mon époux en Allemagne. Et les choses vont bien. Mes enfants seront élevés selon deux cultures allemande et marocaine.  

Spielende Kinder, Foto: P. Esser
Foto: P. Esser

Mme  Arnhold :  Dans quel état on est quand on a trois jumeaux ? La situation doit être à la fois harassante et magnifique ? Qu’en pensez vous ?    

Mme El Ouardi :  C’est vrai les deux à la fois. Au début c’était très épuisant. Maintenant  c’est tout bonheur et plaisir. Mais on a été très chanceux car les bébés étaient en bonne santé et grandissaient normalement . Et malgré l’épuisement le fait d’avoir abouti et atteint un résultat satisfaisant vous fait oublier toute  fatigue.   

Mme  Arnhold :  Votre mari est resté auprès de vous à la maison durant la première année . Comment a-t- il trouvé les choses. Est ce une situation particulière que vous soyez restés une année durant à la maison pour vous occuper ensemble des bébés ?    

Mme El Ouardi :  On a tout fait ensemble. On a partagé la journée entre nous. Je m’occupait des enfants le matin et le soir et mon mari les prenait en charge les après midi et la nuit. Des semaines durant l’un de nous deux devait rester en alerte  car les enfants se réveillaient à tout moment.  Mon époux m’a aidé en tout, il a vu et a appris à leurs changer les couches, à les nourrir . Durant cinq mois j’ai utilisé le tire-lait afin que mon mari puisse m’aider à les allaiter .      Mme  Arnhold : Donc vous avez allaité les enfants pendant cinq mois ?     

Mme El Ouardi :  Non, j’ai plutôt tiré le lait avant de le leur donner par biberon car je n’avais pas de temps suffisant pour les allaiter. Ca n’a pas été facile que de tirer du lait des seins toutes les quatre heures.     

Mme  Arnhold : Quelle a été la réaction de votre  famille après la naissance des bébés, car avoir trois  jumeaux n’est pas courant ?    

Mme El Ouardi :  Ma famille m’a beaucoup soutenue. Ma mère me rendait visite chaque jour et elle en était très contente.  C’est la même chose pour mon frère. Faut pas oublier que mes amis nous ont soutenu eux aussi.    

Mme  Arnhold :  Qu’en est-il de la famille de votre mari ?    

Mme El Ouardi :  Ma belle mère,  originaire  de la région d’Agadir, est venue, elle aussi, nous rendre visite. C’était  la première fois  qu’elle quitte son pays pour l’Europe. Elle est restée plusieurs semaines et elle nous a énormément aidé. Sa présence parmi nous en ces moments précis fut très  agréable. Maintenant ma belle mère  et le reste de la famille de mon mari  attendent qu’on leur rende visite pour qu’ils puissent nous voir et connaîtreles enfants surtout .      

Mme  Arnhold :  C’est pas courant qu’un homme marocain reste toute une année à la maison.  Les choses allaient-elles bien ? Y-a-t-il eu des problèmes ?  

Mme El Ouardi :   Avant j’était la seule à travailler et à m’occuper des charge du ménage. Après on a eu une pension parentale suffisante et ceci nous a permis de rester tous les deux à la maison. On s’est organisé et on a planifié les dépenses et ça a marché comme sur des roulettes. La situation de mon mari en tant qu’homme n’a pas changé. Il adore ses enfants avant tout et pour lui il n’y a pas eu de problème.    

Mme  Arnhold :  Quelle métier exercez-vous  ?    

Mme El Ouardi :Infirmière et j’ai travaillé comme responsable de service à l’hôpital universitaire pendant 20 ans. Ma profession m’a aidé à prendre les  choses en main, à tout organiser de manière satisfaisante et à  rester calme.     Mme  Arnhold :  Quelle est la profession de votre mari ?  

Mme El Ouardi :  Il était serveur et maintenant il travaille  dans un commerce de glaces.     

50-millionster Elternbrief in NRW sein 1977. Foto. P. Esser
50-millionster Elternbrief in NRW sein 1977. Foto. P. Esser

Mme  Arnhold :  Votre rythme de vie a beaucoup changé. Avez vous encore assez de  temps pour faire des sorties et rencontrer les amis ?    

Mme El Ouardi :  Avant que mon mari ne commence à travailler en mars dernier, les choses allaient bien.  D’habitude quand on est fatigué on n’a aucune envie de sortir.   En général on s’organise, une fois c’est mon mari qui est de sortie l’après midi ou le soir, l’autre c’est moi. Très souvent ce sont les amis qui venaient nous rendre visite.

Mme  Arnhold :  Est ce que vous participez avec vos enfants et régulièrement aux activités organisées en dehors de la maison ?  

Mme El Ouardi :  Oui , depuis l’été dernier je participe une fois par semaine avec le groupe ‘’ Elternkind’’  de la croix rouge allemande.  

Mme  Arnhold :  Avez vous pensé à la langue d’éducation de vos enfants ?  

Mme El Ouardi :  Oui  on a discuté de cette question. Au début mon mari parlait avec ses enfants en allemand. Maintenant il s’adresse a eux en arabe. On s’est dit  qu’il doit leur parler pratiquement en arabe afin qu’ils puissent apprendre la langue de leur père  et ils pourront ainsi communiquer avec la famille paternelle. Je suis pour le fait que les enfants apprennent aussi la langue de leur père  et je trouve que l’apprentissage  par les enfants des langues des deux parents est une chose  merveilleuse.    

Arnhold :  Les enfants auront ainsi des racines dans les deux cultures car ils ont deux familles ayant des cultures différentes. Parler deux langues est une grande richesse c’est pourquoi il est nécessaire que chaque parent  parle sa langue maternelle avec ses enfants.    

Mme El Ouardi :  Effectivement. Et ceci m’a été confirmé par les autres parents qui ont appris à leurs enfants deux langues. Je comprend l’arabe mais je ne le parle pas et si  le père ne parle pas de manière continuelle  en arabe avec les enfants, ils ne pourront maîtriser qu’une seule langue. 

Arnhold :  Si votre mari parle arabe et de manière régulière avec vos enfants , ces derniers apprendront à parler et l’arabe et l’allemand.    

Mme El Ouardi : Assurément.  J’ai constaté  chez un couple de la famille de mon mari que les deux parents, d’origine marocaine,  utilisent  les deux langues quand ils s’adressent à leurs enfants. Cette méthode n’est pas saine.   Moi je ne parle pas arabe mais je ne m’en fais pas. Ce n’est pas un problème si mes enfants ne parlent pas bien l’allemand car ils finiront par le maîtriser car il vivent dans un environnement allemand.     

Arnhold :  Quel est votre rêve  pour  l’année prochaine ?    

Mme El Ouardi : L’an prochain je reprendrais sûrement  le travail. En attendant  je veux  être tout au long de la journée aux côtés de mes enfants et profiter de ces moments de joie et de bonheur. C’est une occasion de les accompagner dans la vie, de voire comment ils grandissent et  comment ils jouent entre eux.  Je trouve un grand plaisir en les élevant et ce sont des moments uniques  qui ne se reproduiront  pas. Et ceci constitue mon plus grand rêve et actuellement je n’ai besoin de rien d’autre. J’ai encore le temps devant moi pour m’occuper de moi même notamment quand les enfants grandiront. Pour le moment toute mon attention porte sur les bébés.      

Mme Arnhold : Vos enfants sont votre préoccupation première  et toute autre chose vient en deuxième position. Et si  quelqu’un avait 20 enfants …  

Mme El Ouardi : Actuellement je suis âgée de 40 ans, une partie de la vie que je l’ai bien vécue. Certains parents préfèrent travailler car ils y trouvent  un grand plaisir  et je ne suis pas tenue d’avoir la même opinion. Moi j’ai eu 3 enfants  et il n’est pas question de penser à un quatrième . le problème est clos pour moi.    

Mme Arnhold : Et le voyage pour le Maroc est pour quand  et pour combien de temps ?

Mme El Ouardi :  On pense  s’y rendre  l’automne  pour 4 à 5 semaines . Une amie nous y accompagnera car ont doit être 3 pour s’occuper des trois bébés.

Mme Arnhold : Je vous souhaite un grand plaisir et de bons moments aux côtés de Yaniss, Ben et Sami . Je vois que vous rayonner de joie et de plaisir. Mes salutations à votre mari qui, malheureusement,  n’était pas disponible lors de la réception de la Lettre des parents N° 50 millions d’ANE . Je vous souhaite tout le bien pour l’année prochaine et j’espère que votre séjour au Maroc se passe bien  et   que vous meniez  à bien l’éducation des enfants  sur la base des deux langues parentales. Je fonde également l’espoir que vous trouveriez, dans cette éducation,  un peu d’aide à travers la Lecture  des lettres d’ANE et je vous remercie pour cet entretien.  

Mme El Ouardi :   Merci beaucoup pour ces vœux .